5G en France : des premiers tests grandeur nature en 2018 !

  1. 5G deploiement

Début janvier, les opérateurs réseau ont conclu un accord pour la disparition des zones blanches sur l’ensemble du territoire d’ici 2020. Parallèlement, un nouveau challenge de grande envergure vient de voir le jour avec la mise en place d’une phase pilote préparant le déploiement généralisé de la 5G en France.

Première étape : la standardisation de la 5G New Radio

En décembre dernier, les membres de la 3GPP* se sont réunis à Lisbonne, dans le cadre d’une réunion plénière trimestrielle. Cet événement a permis d’aborder les sujets d’avenir dans le secteur et d’ouvrir la porte à l’internet mobile du futur.

En effet, après plusieurs mois de négociations, les différentes parties sont arrivées à un accord pour la définition du standard de la 5G, dite 5G NR (« new radio »). S’il s’agit d’une étape cruciale, l’heure est encore aux travaux préparatoires puisque la version présentée est une version “non standalone” (nommée 5G NR NSA, ou 5G non autonome).

Concrètement, cette 5G « light » n’est pas encore apte à être utilisée comme un réseau autonome à part entière. Elle reposera ainsi dans un premier temps sur les réseaux 4G existants. Les débits de ces derniers seront augmentés, avec un temps de latence revu à la baisse. Selon les prévisions annoncées par la 3GPP, la finalisation des spécifications de la 5G NR Standalone est prévue pour la mi-2018.

Neuf villes pilotes sélectionnées pour tester la 5G en France

Suite à ces avancées, et en parallèle de la poursuite des travaux de standardisation, l’Autorité de régulation des télécoms (ARCEP) a d’ores et déjà annoncé l’organisation en France d’une phase pilote pour le déploiement de la 5G.

Dans cette optique, neuf villes vont mener des expérimentations en conditions réelles en 2018 et 2019. Il s’agit de Bordeaux, Nantes, Grenoble, Douai, Le Havre, Saint-Etienne, Lille, Montpellier et Lyon.

Interrogé à ce sujet, Sébastien SORIANO a exposé les contours de cette démarche dans les colonnes des Échos. Le Président de l’ARCEP y rappelle que les bénéfices prévisionnels liés à la 5G embrasseront les intérêts de multiples secteurs d’activités.

« « Nous comptons lancer des pilotes grandeur nature, y compris sur les aspects de commercialisation. Nous avons identifié une dizaine de métropoles sur lesquelles nous avons immédiatement des fréquences disponibles dans la bande des 3,5 GHz. Nous nous adressons à tous les acteurs : les opérateurs mobiles, mais aussi les acteurs d’infrastructures d’énergie, routière, portuaire, ferroviaire… et tous les industriels. Ils peuvent tous candidater. (…) L’idée est de travailler sur un hôpital, un port ou encore une autoroute connectée. Et de bien comprendre ce que permet la 5G, qui vise surtout les entreprises contrairement à la 4G. »

En termes de calendrier, le régulateur a révélé que des fréquences seront attribuées à titre temporaire dans le cadre des pilotes. En revanche, aucune commercialisation des fréquences n’est envisagée avant 2020, afin de ne pas brûler les étapes. L’objectif étant de sécuriser le déploiement d’une solution qui suscite déjà de très nombreuses attentes.

carte-france-deploiement 5G

Des possibilités considérablement élargies avec la 5G

Temps de latence 10 à 100 fois plus faible qu’avec la 4G, vitesse de transfert entre 10 et 20 fois supérieure à celle de la 4G… Les perspectives s’annoncent réjouissantes pour nos usages de terminaux mobiles de cinquième génération !

Annoncée comme une révolution pour l’internet mobile, la 5G va également booster le développement de l’Internet des objets (IoT). Là encore, plusieurs experts et entreprises spécialisées espèrent voir les limites actuelles considérablement repoussées.

  • Capacités pour des objets connectés de communiquer les uns avec les autres, ce qui ouvre notamment la porte à l’apparition des voitures autonomes ;
  • Traitement des données renforcées avec des volumes absorbés bien plus importants que ce que permet la 4G aujourd’hui ;
  • Émergence de réponses techniques en adéquation avec les objectifs identifiés pour la création d’immeubles connectés et de villes intelligentes…

Les années à venir seront décisives pour la bonne mise en oeuvre de la 5G. La France affiche d’ores et déjà son ambition d’être l’un des pays pionniers en Europe. Un challenge ambitieux compte tenu de la concurrence de pays comme l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Les constructeurs de terminaux et de composants sont quant à eux déjà pleinement engagés vers ce nouveau défi. Des matériels compatibles avec la 5G pourraient en effet être sur le marché dès l’an prochain !

Il faudra cependant attendre encore un peu pour profiter d’avantages qui défieront notre imagination. D’ici là, les regards technophiles pourront déjà se tourner vers la Corée du Sud. Le pays a en effet officiellement annoncé des expérimentations en conditions réelles à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver à Pyongchang.

*Organisme de coopération internationale en charge de fixer les standards en termes de télécommunications.