Fin des zones blanches : un accord entre les 4 opérateurs pour 2020

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Lors de la dernière campagne présidentielle, Emmanuel MACRON s’est engagé à permettre l’accès au haut débit et au “très haut débit” pour l’ensemble des Français à l’horizon 2020. Un challenge de taille dans lequel une première étape décisive vient d’être franchie, grâce à la conclusion, après six mois de négociations, d’un accord entre les quatre opérateurs réseau pour la disparition des zones blanches d’ici trois ans.

Plusieurs centaines de petites communes et villages encore en zones blanches

L’expression “zone blanche” désigne toute zone identifiée par les élus locaux dans laquelle des habitants ne bénéficient pas d’une couverture téléphonique satisfaisante. Selon les derniers recensements effectués, plus de 500 petites communes restent aujourd’hui concernées, auxquelles s’ajoutent plusieurs centaines de villages et de hameaux partout en France.

Au-delà de la couverture proprement dite, la qualité du service est au coeur de l’engagement pris par les opérateurs devant le gouvernement et l’Autorité de régulation des télécoms (ARCEP). Un point que n’a pas manqué de souligner Julien DENORMANDIE, Ministre de la Cohésion des Territoires, qui dessine les contours d’un avancement considérable dans les colonnes du Journal du Dimanche.

“Nous allons faire en trois ans ce que nous avons fait jusqu’ici en quinze ans pour déployer la téléphonie mobile ! (…) Nous améliorerons également la qualité de service, qui n’était pas bonne. Jusqu’à présent, on considérait comme « couvert » un village où un opérateur était présent, mais sans se soucier de sa qualité de service. Grâce à notre accord, il n’y aura plus de « zones blanches », identifiées par les élus locaux, où des Français vivent sans avoir accès à une téléphonie de qualité.”

Concrètement, que prévoit cet accord ?

L’engagement pris repose sur un objectif de couverture mobile de qualité, ainsi que sur la mise en place du haut débit internet (supérieur à 8Mbits/seconde) dans toute la France à la fin de l’année 2020. Le “très haut débit” (supérieur à 30Mbits/seconde) devra quant à lui être mis à disposition de l’ensemble des Français en 2022.

Les travaux effectués viseront également une meilleure couverture des axes de transports, qu’il s’agisse des axes autoroutiers ou du réseau de transport ferroviaire, y compris les trains régionaux, ce qui représente près de 30 000 kilomètres de lignes ferrées à couvrir en 4G. Président-Directeur Général d’Orange, Stéphane RICHARD a salué l’importance d’un tel accord lors de son intervention sur RTL.

C’est la première fois que les quatre opérateurs et le gouvernement se mettent autour d’une table avec un niveau d’ambition très élevée (…) Cet accord va marquer un très grand progrès dans la qualité de la couverture mobile dans les zones rurales et sur les axes de transport, les routes et les lignes de chemin de fer.”

La couverture à l’intérieur des bâtiments fait également partie intégrante de l’accord. Parallèlement, plusieurs milliers de communes bénéficieront d’une évolution vers une couverture mobile en 4G, afin de répondre à des usages numériques qui accordent une place incontournable aux smartphones.

D’ici à 2020, plus de 10.000 communes qui sont aujourd’hui en 2G ou 3G passeront à la 4G. C’est essentiel, parce que cela permet de surfer sur Internet et qu’aujourd’hui, nous sommes trois fois plus à avoir un smartphone qu’en 2012.”, précise Julien DENORMANDIE.

Quel financement et quelles modalités de mise en oeuvre ?

Les investissements pour l’amélioration de la couverture mobile nationale seront intégralement pris en charge par les opérateurs, pour un montant total supérieur à 3 milliards d’euros.

D’un point de vue pratique, chaque opérateur sera tenu de fournir près de 5 000 installations supplémentaires afin d’optimiser la couverture sur l’ensemble du territoire, avec la possibilité de mutualiser les équipements dans certaines zones blanches.

Dans une volonté de satisfaire l’ensemble des parties, le gouvernement s’est engagé à reporter de dix ans la mise aux enchères du renouvellement des fréquences allouées aux opérateurs, propriété du patrimoine public. Celle-ci ne surviendra ainsi pas avant 2031. Cette décision permet aux opérateurs de réaliser des économies à l’horizon 2021, échéance initialement prévue pour le renouvellement.

Le déploiement pour la disparition des zones blanches sera supervisé de bout en bout par l’ARCEP, qui communiquera des points d’avancement réguliers. L’instance régulative aura par ailleurs la possibilité de prendre des mesures contraignantes à l’encontre des opérateurs en cas de non-respect des engagements, tant en termes de qualité que de délais.

Pour en savoir plus sur la couverture nationale :

Le 1er juillet 2017, l’ARCEP a mis en ligne l’outil monreseaumobile.fr, permettant de mesurer la couverture simulée sur l’ensemble des territoires en 3G et 4G, sur la base de simulations numériques (voir premier tableau ci-dessous), ainsi que des mesures de qualité dans des lieux donnés, en conditions réelles (voir second tableau ci-dessous).

Pourcentage du territoire couvert par réseau, en 3G et en 4G

 ORANGESFRBOUYGUESFREE
3G98%95%90%83%
4G65%65%61%47%

Pourcentage de qualité mesurée pour le réseau Internet mobile dans des lieux précis

 ORANGESFRBOUYGUESFREE
Réseau routier (toutes autoroutes + routes nationales)77%76%78%17%
TGV (toutes lignes confondues)71%61%59%13%
Intercités / TER (toutes lignes confondues)69%67%66%18%
RER / Transiliens (toutes lignes confondues)89%81%78%35%
Métros (Paris, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, toutes lignes confondues)25%22%21%9%